L E    B O N O

Le Bono, petit village côtier du Morbihan en Bretagne, se situe sur la rive droite de la rivière d’Étel, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Vannes. Implanté entre terre et mer, il offre un cadre paisible où se mêlent paysages maritimes, vasières, et bocage.

La diversité écologique et ornithologique est remarquable dans cette estuaire. On y retrouve bon nombre d’espèces d’oiseaux migrateurs, ce qui attire les observateurs qui étudient et répertorient chaque espèce.

L’activité maritime du Bono est divers. Le port de la ville a longtemps été un lieu de mouillage naturel qui s’est structuré progressivement avec des aménagements successifs pour faciliter la remontée des bateaux et l’accostage. Les premiers aménagements portuaires datent des siècles passés, consolidés au XIXème siècle avec le développement des activités maritimes régionales et l’amélioration des infrastructures (jetées, quais, abris) pour répondre aux besoins de la pêche (maquereau, huitres plates) et du commerce local.

Le port du Bono, actif depuis le Moyen Âge, était autrefois un petit port de pêche et de commerce côtier, spécialisé dans la pêche au maquereau et l'exportation de sel et de bois vers les îles et le continent; au XIXème siècle il contribua aussi à la construction navale locale. À partir du XXème siècle, et surtout après les années 1950, l'activité commerciale déclina au profit du tourisme et des loisirs nautiques. Depuis les années 1980–2000 le port s'est réinventé comme point d'embarquement pour promenades, base pour plaisanciers et lieu patrimonial mettant en valeur son estacade et son architecture maritime, conciliant mémoire et activités contemporaines.

Les cabanes situées le long du sentier du Bono, étaient à l’origine des abris pour les pêcheurs, ostréiculteurs et travailleurs de la mer. Elles servaient au rangement des outils, à la réparation des filets et comme refuge lors des marées. Beaucoup datent du XIXème et du début du XXème siècle et leur état varie de l’authenticité conservée à la restauration soignée.

De nos jours, certaines d’entre elles sont encore utilisées par des professionnels de la mer (pêche, conchyliculture). D’autres ont été restaurées et transformées en abris de loisir, ateliers d’artistes ou petites résidences secondaires. Certaines cabanes sont protégées au titre du patrimoine local ou intégrées dans des périmètres de préservation du littoral.

Autre témoin du passé maritime du Bono, son discret cimetière de bateaux. Situé le long du sentier qui mène jusqu’à Pluneret, dans la rivière du Bono à la jonction du Rohu, c’est un lieu où s’entassent épaves et carcasses de navires échoués, offrant un paysage à la fois mélancolique et photogénique. Autrefois port actif de pêche et d’entretien naval, le site est aujourd’hui un témoignage de l’histoire maritime locale : on y voit des coques fatiguées par le sel et le temps, des superstructures à moitié effondrées, des moteurs rouillés et des restes de gréements. Les bateaux présents sont de plusieurs types. Parmi eux, nous pouvons retrouver des embarcations plates (adaptées aux marées basses et aux estuaires, souvent utilisées pour le transport de marchandises ou le travail ostréicole) ; des bateaux en bois, parfois en fer-blanc, qui étaient employés pour la pêche côtière ; et, des restes de bateaux de plaisance ou de petites unités de travail, reconnaissables à leurs étraves ou à leurs tableaux arrière partiellement conservés.

Tout comme d’autres cimetières de bateaux (je pense notamment à celui situé près de la ria d’Etel à Plouhinec), j’aime photographier ce genre de lieu, témoin d’un passé parfois oublié. J’aime en effet les jeux de texture et de contraste qu’offre les matériaux rongés par les éléments. Surtout lorsque je travaille les clichés en noir et blanc. Par ailleurs, les compositions graphiques sont puissantes.

Plus de clichés