L E S S A B L E S
D ’ O L O N N E
Les Sables d'Olonne, station balnéaire située sur la côte vendéenne, est un lieu où se mêlent histoire maritime, plages de sable fin et vie portuaire animée. Ancien port de pêche devenu ville touristique, elle est connue pour son remblai vivifiant, ses longues plages baignées par l’océan Atlantique et son port de plaisance qui accueille voiliers et régates, dont la célèbre course du Vendée Globe. Le patrimoine architectural, mêlant maisons de pêcheurs, villas balnéaires et édifices religieux comme l’église Notre-Dame-de-Bon-Port, témoigne d’un riche passé. Côté nature, dunes, marais salants et îles proches offrent des paysages diversifiés propices aux promenades, à la photographie et aux activités nautiques. Les Sables d’Olonne conjugue ainsi le charme d’une ville côtière authentique avec une offre culturelle et sportive dynamique, idéale pour les amateurs de bord de mer, de gastronomie locale et d’émotions maritimes.
L’Île Penotte est un quartier à la fois modeste et riche d’histoire, façonné par la mer, la pêche et une culture populaire bien ancrée. Beaucoup de personnes pensent que lorsque l’on parle de l’Île Penotte, on parle d’une île. Mais en réalité, ce nom évoque des particularités géographiques (la dune sur laquelle le quartier repose) et des usages anciens liés à la pêche et à la navigation . Le nom de l’Île Penotte reste mystérieux. Le quartier séduit par son atmosphère calme et son caractère maritime. Située à proximité immédiate du littoral, elle offre un mélange de maisons de pêcheurs, de résidences secondaires et de cabanes d’artistes, souvent bordées par des dunes et des criques accessibles à pied.
Le quartier est sans doute le plus atypique et le plus artistique des Sables d’Olonne. Au milieu des roses trémières, les maisons sont décorées de mosaïques constituées de coquillages multicolores. Tous ces décors sont l’œuvre d’une résidente et artiste locale Danièle Arnaud-Aubin nommée la «Dame aux coquillages». Son travail s’inspire de la mythologie, des contes de fées, des contes fantastiques… Elle les réalise avec des coquillages : bulots et bigorneaux, huîtres, palourdes, coquilles St-Jacques, moules et coquillages exotiques. Elle utilise également du verre poli par la mer qu’elle trouve lors de ses promenades.
La Grande Plage est la plage principale de la ville, face au remblai. Large et fréquentée, elle offre un sable fin propice aux bains, aux sports de plage et aux promenades. Sa configuration a varié selon les dynamiques de dépôt et d’érosion du littoral.
À partir du XIXème siècle, la Grande Plage devient un des atouts majeurs pour le développement touristique des Sables-d’Olonne. Avec l’arrivée du tourisme balnéaire, le remblai se transforme pour diverses activités de loisir. Les pratiques de baignade se normalisent (bains séparés hommes/femmes puis mixité), et la plage se peuple de cabines, parasols et établissements de plage. Encore de nos jours, le remblai évolue afin de s’adapter au flux et besoins du tourisme.
Mais comme beaucoup de littoraux atlantiques touristiques, les enjeux climatiques sont grands. Le littoral sablais doit faire face aux problèmes d’érosion, d’élévation du niveau de la mer et d’impact des tempêtes (notamment les dernières et prochaines qui sont de plus en plus puissantes). Des opérations de sauvegarde (enrochements, rechargements en sable, renaturation dunaire) ont été menées pour protéger les infrastructures et préserver la plage. La municipalité doit aussi repenser certains secteurs du front de mer.
Le quartier de l’Île Penotte
Le remblai et la grande plage
Un chenal bien connu
Long de 2km, entre le feu rouge d’entrée de port et la passerelle du ponton L (dédié à la course au large, surnommé “le ponton du Vendée Globe”), le chenal des Sables d’Olonne est à l’origine même du développement de la ville. Cette vaste entrée maritime vers les marais salants, est, depuis le début de notre ère, une formidable ouverture vers le large.
Havre protecteur pour les embarcations dès l’époque romaine, il deviendra un carrefour d’échanges commerciaux au Moyen-Age lorsque l’activité se concentrait sur les échanges par cabotage des richesses régionales comme le blé, les vins, et le sel des marais d’Olonne.
Au XVème siècle, sous l’impulsion du Roi Louis XI et son conseiller Philippe de Commynes, les premiers aménagements portuaires à l’arrière de la dune sur laquelle la ville est construite ont lieu : les premiers quais des Sables d’Olonne voient le jour.
Il faudra tout de même attendre le XVIIIème siècle, une époque où la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve enrichit considérablement la ville, pour que des aménagements portuaires ambitieux soient mis en place : brise-lames, jetée des Sables, quais des Sables et de la Chaume, jetée Saint Nicolas… le chenal est aujourd’hui le résultat de presque de 150 ans d’aménagements portuaires réalisés entre 1763 et 1910.
Ces installations furent remaniées au cours du XXème siècle, et, entre 1978 et 1994, la mise en place du port de plaisance Port Olona, dans les marais salants, est venue les compléter.
Tous les 4 ans, le chenal est mis sur le devant de la scène lors des départs et arrivées des skippers participant à la Course du Vendée Globe : sa configuration permet alors aux supporters de faire une haie d’honneur géante pour ces aventuriers de « l’Everest des Mers ».
Le chenal des Sables d’Olonne est donc un véritable lieu de contemplation où les passants s’arrêtent pour admirer l’inlassable spectacle des bateaux quittant la ville ou rentrant au port.
Le remblai des Sables-d’Olonne et la Grande Plage sont deux lieux emblématiques de la ville balnéaire vendéenne, intimement liés à son histoire touristique, maritime et urbaine.
Initialement, c’était un rivage naturel entre dunes et vasières. Entre le XIXème siècle et le début du XXème siècle, avec l’essor du tourisme balnéaire en France, la ville entreprend d’aménager son littoral pour accueillir les curistes et vacanciers. Le remblai est consolidé, bordé d’une promenade, de cafés, hôtels et immeubles de villégiature.
L’architecture le long du remblai reflète les styles successifs : villas de la Belle Époque, art déco, bâtiments plus récents. Les terrasses et promenades offrent une vue directe sur l’océan et favorisent la vie sociale estivale. Des aménagements de protection contre l’érosion et les tempêtes (digues, épis, rechargements en sable) ont été mis en place et régulièrement renforcés.
Lieu emblématique pour la promenade, des marchés ou encore des animations estivales, le remblai des Sables d’Olonne a structuré l’identité citoyenne et touristique de la ville, attirant familles et amateurs de bains de mer. C’est aussi un point d’observation des activités portuaires et des régates.
Le puits d’Enfer et la côte sauvage
La côte sauvage qui s’étire du remblai des Sables-d’Olonne jusqu’à la baie de Cayola est un paysage de contrastes où la mer impose sa présence à chaque pas. Entre falaises parfois abruptes, plages de sable blond et zones rocheuses sculptées par les marées, ce littoral offre sur près de 5 kilomètres, des panoramas changeants selon la lumière et le tempo des vagues. Le vent y est souvent vif, porte l’odeur saline et mouille l’air d’embruns qui effacent les contours lointains. Marcher le long du littoral, c’est accepter l’érosion du regard et la clarté brute des éléments. Le ressac régulier rythme la balade. Parfois l’endroit semble désert et silencieux, parfois animé par le vol des mouettes ou le passage des promeneurs. Mais sur ces kilomètres de côte sauvage, comment ne pas parler d’un lieu emblématique mais aussi dangereux. Ce lieu, c’est le Puits d’Enfer.
Le Puits d’Enfer est une formation rocheuse formé par l’érosion marine et un site côtier spectaculaire. Au fond de cette crevasse, se trouve une grotte profonde qui a donné lieu à de nombreux récits et légendes. Parmi elles on retrouve :
Le souffle des enfers. On racontait autrefois que, lorsque la mer était démontée, un souffle chaud et sifflant s’échappait de certaines crevasses, comme si l’endroit communiquait avec un monde souterrain. Les marins y voyaient un mauvais présage annonçant une tempête.
Les âmes des naufragés. Certaines légendes locales évoquent que des âmes de marins perdus seraient prisonnières des cavités, et que leurs lamentations se mêleraient au bruit des vagues les nuits de gros temps. Ces récits servaient aussi à mettre en garde contre les risques de la mer.
Le puits avaleur. Une croyance populaire décrit le Puits d’Enfer comme un gouffre capable « d’avaler » des bateaux imprudents ou des objets perdus à marée haute. Cette image renforce la prudence autour du site et la crainte du retour subit de la mer.
Histoires de trésor. Comme souvent sur les côtes, on raconte aussi des histoires de coffres ou d’objets précieux cachés dans les anfractuosités à l’époque où la piraterie et les naufrages étaient plus fréquents. Ces récits alimentent l’imaginaire mais restent sans preuves.
L’affaire de la malle sanglante.
Nous sommes le 7 février 1949. Un groupe d'enfants du sanatorium Saint-Jean-d'Orbestier et leur moniteur aperçoivent une malle en osier flottant dans le Puits d'Enfer. À l'intérieur, le cadavre d'un homme, pieds et mains liés ! L'autopsie révèle que le malheureux a été roué de coups avant d'être étranglé. Pour l'heure, l'identité de la victime reste inconnue. Seul indice, une initiale sur la malle : RT...
Très vite, les enquêteurs parviennent à mettre un nom sur la victime. Il s'agit de Robert Thelier, un riche rentier parisien. De fil en aiguille, les investigations permettent de retrouver l'auteur présumé du crime, qui n'est autre qu'Andrée Farré, la gouvernante de M. Thelier. Issue d'une bonne famille originaire de Cholet, cette veuve sans le sou d'un noble espagnol s'imaginait faire main basse sur le pactole de son employeur sans s'encombrer de bons sentiments.
La gouvernante raconte aux policiers comment elle a recruté un homme de main, Robert Planet, par petite annonce pour l'assister dans son funeste projet. À l'origine du forfait, un cambriolage qui aurait mal tourné. Elle avouera finalement avoir torturé des heures durant puis assassiné son patron par strangulation.
Pour faire disparaître le corps, le duo démoniaque entame dans la nuit un périple depuis Paris jusqu'aux Sables-d'Olonne, la malle sanglée sur le toit de la voiture de monsieur Thelier. Vers 1h45 du matin, ils se débarrassent de la malle en la jetant dans les eaux bouillonnantes du Puits d'Enfer. Pourquoi au Château d'Olonne et pas ailleurs ? Durant son enfance, Andrée Farré passe toutes ses vacances scolaires chez ses grands-parents aux Sables-d'Olonne. Nul doute qu'elle avait toujours en tête les histoires que lui racontait son grand-père au sujet du Puits d'Enfer et cette phrase glaçante qui lui avait dit : "tout ce qui tombe dans cette faille disparaît pour toujours !"
Le Procès brosse le portrait d'une femme perverse, calculatrice, éthéromane. Andrée Farré est condamnée à mort en décembre 1950. La sentence est commuée en réclusion criminelle à perpétuité. Elle finira ses jours en prison. Quant à son complice, il écopera de 20 ans de travaux forcés. L'affaire a inspiré le réalisateur Henri-Georges Clouzot pour son film "Les Diaboliques" sorti en 1954. Quant au Puits d'Enfer, on raconte plus que jamais que durant les tempêtes, on y entend les cris d'un noyé ou les lamentations d'un marin damné.
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