L O R I E N T

Lorient, port breton situé dans le département du Morbihan, s’étend sur la rade du même nom et s’ouvre sur l’océan Atlantique. Fondée au XVIIème siècle autour de la Compagnie des Indes, la ville a gardé un riche héritage maritime mêlé à une histoire industrielle marquée par la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction. Aujourd’hui, Lorient vit au rythme de son port de commerce et de plaisance, de ses chantiers navals et du festival interceltique qui célèbre chaque année la culture celtique, attirant visiteurs et musiciens du monde entier. Ses quartiers côtiers, ses quais animés et ses paysages maritimes offrent un mélange de tradition, de modernité et de dynamisme culturel.

La base navale

À la fin du XIXème siècle, Lorient, situé sur la rade éponyme puis l’estuaire du Scorff et du Blavet, s’affirme comme un emplacement maritime stratégique en Bretagne. Son port naturel, protégé, et la proximité des routes maritimes de l’Atlantique en font un site attractif pour la Marine nationale française. Le développement industriel et naval de la ville, héritier des arsenaux coloniaux et du commerce, favorise l’implantation d’infrastructures militaires qui se renforcent au début du XXème siècle.

Entre les deux guerres, l’armée décide de moderniser ses installations portuaires et de les étendre. Des quais, ateliers, cales sèches et établissements de soutien de la flotte son construits. Lorient devient ainsi un centre important pour la réparation et l’entretien des bâtiments de la Marine nationale, ainsi que pour la formation technique des personnels.

Mais du fait de son implantation sur l’Atlantique, lors de la Seconde Guerre Mondiale, Lorient est occupée. La base est transformée par la Kriegsmarine en l’une des principales bases pour les U-Boots (sous-marins allemands). Les Allemands construisent d’imposants bunkers en béton armé, en particulier les deux grands bunkers à sous-marins de Keroman, conçus pour abriter, réarmer et réparer les sous-marins. Ces constructions massives résistent aux bombardements alliés contrairement au reste de la ville qui sera très largement détruite.

Lors de la reconstruction de la ville, du fait de la difficulté à démolir les bunkers, ceux-ci sont reconvertis pour divers usages industriels, commerciaux et culturels au fil du temps (ateliers, stockages, espaces d’exposition, etc.). Le site de Keroman devient progressivement un pôle de recherche et d’activités liées à la mer.

Toutefois, la base navale de Lorient continue d’abriter des unités de la Marine nationale, notamment des bâtiments de surface, des moyens logistiques et des installations de maintenance. Sa vocation maritime reste forte, avec des activités liées à la pêche, la construction navale civile et militaire, et la recherche océanographique. Le port se diversifie avec le développement des chantiers navals civils et le commerce maritime notamment. les relations entre ville et base se recomposent autour d’une économie portuaire mixte.

Par ailleurs, le passé industriel et militaire est aujourd’hui mis en valeur. Les bunkers de Keroman constituent un patrimoine remarquable et accueillent aujourd’hui des activités culturelles, artistiques et économiques. Des expositions, musées et centres d’interprétation évoquent l’histoire des sous-marins et de l’occupation.

Une tour qui ressemble à un phare

Et non, ce phare n’en est pas un. Sous sa première forme, cette tour est élevée entre 1737 et 1744. Construite par la Compagnie des Indes en 1737, elle mesure dans sa forme originale, que 25 m de haut. Plusieurs étages sont successivement ajoutés jusqu'en 1748, portant alors sa hauteur à 36,7 m, ce qui permet au veilleur qui scrute la mer, de voir Groix, Belle-Île et l'archipel des Glénan. Elle est reconstruite par la Marine royale selon les plans de Philippe Guillois de 1785 à 1786 après avoir été touchée à trois reprises par la foudre en 1751, 1782 et 1784. Elle est alors équipée d'un des premiers paratonnerres du modèle de celui de Benjamin Franklin, installés en Europe. La Compagnie des Indes fait également construire deux moulins à vent sur la colline. Ces moulins à blé fournissent la farine pour le pain et les biscuits de mer destinés aux ouvriers du port et aux équipages. La meunerie est supprimée lorsque les moulins sont rendus inopérants après une tempête en 1825. La Marine leur coupe les bras et les transforme, le premier en logement du guetteur des signaux puis en carré des officiers de l'État Major de l'amirauté, le second en observatoire de marine lié au signal horaire de la Tour de la Découverte, puis en musée de la Marine.

La première fonction de la tour est d'être une tour de guet (surveillance des navires revenant des Indes et d'éventuelles manœuvres de contrebande, ou de l'approche d'escadres ennemies), et non un phare, car elle n'est pas équipée d'un feu (celui-ci était par ailleurs installé sur la tour de l'église Saint-Louis, située dans l'axe du chenal d'entrée de la rade).

La charpente métallique et la coupole de la lanterne sont installées en 1891. La coupole ayant été détruite par les bombardements alliés durant la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle lanterne est montée en 1949. Très abîmée par la rouille, la lanterne est enlevée en février 2018. Une nouvelle structure métallique coiffe la tour en 2020. Fabriquée sur le modèle de 1891, elle est équipée d'une boule horaire en inox thermolaqué noir de 75 kg, installée sur un mât en 2021. Cette boule reproduit celle qui indiquait l'horaire solaire de midi en 1882. Suspendue à une drisse et actionnée par un système de câbles qui permet le mécanisme de chute de la boule et de sa remontée, elle sert à nouveau à marquer le midi moyen du port (à 14 h 13 min et 25 s à l'heure d'été, 13 h 13 min et 25 s à l'heure d'hiver).

Depuis 2008, la tour est la propriété de la ville de Lorient.